Compte-rendu final

Le sein est composé de cellules qui s’organisent en canaux et de lobules. Ces deux éléments sont séparés du tissu de soutien (appelé tissu conjonctif) par une membrane basale.
Un cancer du sein est appelé in situ lorsque le canal ou le lobule est envahi de cellules cancéreuses mais sans franchissement de la membrane basale.
Un cancer du sein est dit invasif ou encore infiltrant lorsque les cellules tumorales franchissent la membrane basale et envahissent le sein.
La ressemblance ou non des cellules tumorales à des cellules normales du sein va permettre à l’anatomo-pathologiste de définir si il s’agit d’un cancer du sein différencié ou indifférencié. Cela intervient dans la définition du grade.
Il recherche également à la surface des cellules cancéreuses la présence de marqueurs biologiques (récepteurs hormonaux et HER 2).

Les types de cancer

Les cancers du sein surviennent avant tout dans les canaux galactophores et les lobules. Environ 80% de la totalité des cancers infiltrants sont des cancers canalaires et 15% des lobulaires. C’est l’anatomo-pathologiste qui indiquera si le cancer est d’origine canalaire ou lobulaire. C ‘est également lui qui vérifiera si la membrane basale est franchie par les cellules tumorales. Dans le cas ou elle n’est pas franchie, on parle alors de carcinome in situ: si celui-ci est limité aux canaux, c’est un carcinome canalaire in situ (CCIS) tandis que s’il a pris naissance dans les lobules, on parlera de carcinome lobulaire in situ (CLIS).
Par ailleurs, l’anatomo-pathologiste examine les bords de la tumorectomie (on parle de « berges d’exérèse »), pour déterminer si le cancer atteint le bord du prélèvement. Si le cancer s’étend jusqu’aux limites colorées à l’encre, c’est peut-être le signe qu’il existe des cellules cancéreuses dans le tissu contigu, qui ont donc été laissées en place.
L’anatomo-pathologiste examine aussi la tumeur ainsi que le tissu environnant, pour rechercher des cellules malignes dans la graisse, les vaisseaux sanguins et lymphatiques.
L’anatomo-pathologiste indique ensuite le type de cancer.

Le dosage des récepteurs hormonaux

Outre l’examen macroscopique et microscopique du prélèvement, l’anatomo-pathologiste prépare, avant de le fixer, le fragment de tissu pour le dosage des récepteurs hormonaux. Ces tests permettent de voir si les cellules cancéreuses possèdent des récepteurs hormonaux (d’œstrogènes et de progestérone). Comme il faut compter environ deux semaines pour obtenir ces résultats, ils figurent rarement sur le compte rendu établi lors de l’examen anatomo-pathologique définitif et sont fournis séparément.
Si ces récepteurs sont présents, on dit que la tumeur est hormonosensible. Une telle constatation permet d’orienter le traitement pré ou post opératoire par la prescription d’une hormonothérapie.

Le dosage de la protéine membranaire HER2

Cette protéine intervient dans le processus de prolifération cellulaire. La surexpression de HER2 en cas de cancer du sein montre qu’il s’agit d’une tumeur relativement agressive. Un traitement post opératoire spécifique appelé « thérapie ciblée » est alors nécessaire : trastuzumab dont le nom commercial est l’Herceptin.

Le compte-rendu final ......

Le compte rendu anatomo-pathologique final permet au médecin anatomo-pathologiste de résumer ce qu’il a vu et d’établir un diagnostic. Dans le cas ou l’anomalie est bénigne aucun traitement n’est nécessaire. En revanche, si l’on a diagnostiqué un cancer, la tumeur sera décrite en tenant compte des caractéristiques suivantes :
- taille de la tumeur
- type de la tumeur : canalaire ou lobulaire
- présence ou non d’une invasion : cancer non infiltrant (in situ) ou infiltrant
- le grade histo-pronostique
- analyse des berges du tissu prélevé (berges envahies ou pas)
- récepteurs hormonaux : présents ou absents, avec le pourcentage de cellules qui présentent des récepteurs hormonaux.
- HER 2 : surexprimé ou non

Comme nous le verrons, ces conclusions aideront à orienter les traitements postopératoires voire préopératoires. Le compte rendu anatomo-pathologique est disponible trois à dix jours après le prélèvement, selon les difficultés d’analyse. Demandez à votre chirurgien le temps qui sera nécessaire pour obtenir le compte rendu. Cela vous aidera à mieux vivre cette attente.

Si l’anatomo-pathologiste conclut que l’anomalie était bénigne, vous pouvez être définitivement rassurée. Vous avez passé un examen clinique, une mammographie et une biopsie. Vous avez donc fait tout ce qui était nécessaire, avec les meilleures techniques dont nous disposons actuellement, pour éliminer l’éventualité d’un cancer. Votre démarche n’aura nullement été inutile: vous avez obtenu de précieuses informations.
Dans certains cas exceptionnels, une anomalie bénigne du sein peut toutefois évoluer vers une forme maligne : c’est le cas des atypies cellulaires sévères et étendues ou des papillomes intracanalaires multiples. Ces lésions sont bénignes : elles ne nécessitent aucun traitement, mais la patiente doit simplement renforcer la surveillance clinique et mammographique dans les années qui suivent.
Si la biopsie révèle qu’il existe un cancer, le compte rendu d’anatomo-pathologie permettra d’orienter vers le meilleur traitement. Néanmoins, le médecin anatomo-pathologiste ne peut décrire que ce qu’il voit sur le tissu prélevé. Ses remarques sont importantes, mais ne sauraient suffire. Il faut les interpréter à la lumière de celles du chirurgien qui a réalisé la biopsie et connaît l’ensemble du dossier de la patiente. Le chirurgien vous informera des résultats et interprètera avec vous les conclusions et le traitement préconisé dans à votre situation.

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