La biopsie chirurgicale

Où ?
Ce type de biopsie est effectué par un chirurgien le plus souvent sous anesthésie générale en ambulatoire, ce qui signifie que vous n’êtes pas hospitalisée et que vous dormirez chez vous le soir de l’examen. Dans certains cas, votre chirurgien ou l’anesthésiste vous conseilleront de passer la nuit qui suit l’intervention à la clinique.
Ceci dépend de votre état général, de votre éloignement par rapport au centre ou sera effectuée l’intervention, et bien sur de votre souhait.
L’intervention dure environ 15 à 30 minutes, mais peut être plus longue si on analyse la tumeur au microscope pendant l’opération. On parle alors d’examen histologique extemporané.

Comment ?
Le chirurgien réalise une incision dont la position sur le sein est fonction de l’emplacement du nodule suspect. C’est ce que l’on appelle une biopsie chirurgicale ou « à ciel ouvert ».
Il existe deux types de biopsies chirurgicales :
• Si l’on souhaite juste prélever un fragment de la tumeur afin de vérifier sa nature,
on parle de biopsie diagnostique.
• Si le nodule est retiré dans son intégralité, on parle de biopsie-exérèse (ou d’exérèse diagnostique et thérapeutique).

La technique est, à peu de chose près, la même dans les deux cas :
1. Le chirurgien incise la peau. Cette incision est située en regard de la tumeur, ou dans une zone ou elle est peu visible (aréole ou sillon sous le sein). L’incision traverse les tissus adipeux et mammaire jusqu’à atteindre la tumeur.
2. Lors d’une exérèse diagnostique et thérapeutique, c’est toute la masse qui est retirée, avec une zone de glande normale autour.
3. Après avoir retiré la tumeur, le chirurgien recoud les tissus, en prenant soin de remodeler la glande afin de ne laisser aucune déformation. Il suture ensuite la peau, puis il réalise un pansement.

Cela fait-il mal ?
La biopsie du sein n’est pas une intervention douloureuse. Après la biopsie, vous sentirez peut-être une légère gêne lors de la cicatrisation des tissus. La plupart des patientes n’ont pas besoin qu’on leur donne un médicament contre la douleur (antalgique).
Les complications postopératoires sont extrêmement rares mais, comme pour toute chirurgie, peuvent exister. Il existe un risque minime d’hématome ou d’infection postopératoire.

Repérage par fil métallique
La mammographie est une technique si sophistiquée qu’elle décèle des images minuscules, qu’il serait impossible de voir ou de percevoir sans l’aide des rayons X.
Dans certains cas, ces masses sont invisibles à la mammographie et seule l’échographie permet de les trouver. Elles sont le plus souvent bénignes mais doivent, toutefois, être retirées pour un examen au microscope.
Le plus souvent, il s’agit de microcalcifications, ces minuscules dépôts de calcium qui indiquent parfois la présence d’un cancer du sein en phase initiale.
Il faut savoir cependant que 90% des microcalcifications du sein sont bénignes. Seules 10% sont en rapport avec un cancer, intracanalaire ou infiltrant : les microcalcifications sont suspectes si elles sont regroupées dans une même partie du sein, ou lorsqu’elles ont une morphologie particulière qui évoque un cancer. Généralement, les microcalcifications éparpillées dans la poitrine ne constituent pas un problème, surtout si elles sont présentes dans les deux seins.

1. Le chirurgien va devoir retirer une zone du sein qui est anormale à la radio (mammographie ou échographie), mais qui n’est pas visible ni même palpable.
Afin de ne pas retirer une zone de glande trop importante, on se sert donc d’un repérage préopératoire qui indique la « cible ». Pour ce faire, on prévoit
avant l’acte chirurgical un repérage radiologique, appelé repérage par fil métallique (ou hameçon) . Au cabinet d’un radiologue, le médecin pratique une
mammographie ou une échographie, localise la zone suspecte et insère sous anesthésie locale une aiguille fine jusque dans la tumeur. Cette aiguille permet
d’insérer un fil métallique très fin muni d’un crochet, ou hameçon, qui indique au chirurgien l’endroit à biopsier.
2. Puis, au bloc opératoire, le chirurgien incise la peau, puis suit le fil métallique pour se guider jusqu’à la tumeur.
3. La tumeur est retirée selon une technique standard de biopsie chirurgicale
4. On réalise toujours une radiographie du prélèvement, afin de vérifier que la biopsie a bien prélevé la zone suspecte vue à la mammographie.
5. Le chirurgien remodèle la glande, afin d‘éviter une déformation du sein.
6. Le prélèvement est envoyé pour analyse au laboratoire, et les résultats de cette analyse seront connus quelques jours plus tard. En effet, en cas de
lésion impalpable, on ne peut effectuer d’analyse en cours d’opération (examen extemporané).

Intervention en un temps ou en deux ?
De nos jours, la plupart des femmes attendent les résultats de la biopsie puis, en cas de cancer, prennent le temps de réfléchir, et d’organiser leur traitement avec le médecin ou l’équipe de leur choix. La biopsie fournit toutes les informations nécessaires pour envisager avec le chirurgien et les autres spécialistes les divers traitements possibles.
Il existe, toutefois, des circonstances où cette « règle » d’une intervention en deux temps n’est pas justifiée. Dans ce cas précis, et avec l’accord de la femme qui a parfaitement compris la situation, la biopsie et le traitement chirurgical de la tumeur ont lieu durant la même opération.
• Lorsque l’on soupçonne fortement un cancer du sein, la patiente a eu le temps de discuter suffisamment avec son chirurgien d’une ablation au large de la
tumeur, englobant des tissus environnants (tumorectomie) ainsi qu’un prélèvement des ganglions lymphatiques.
• La maladie a peut-être été diagnostiquée à une phase où il n’est plus envisageable de conserver le sein. Dans ce cas, une intervention unique, durant laquelle on pratique dans un premier temps l’ablation de la tumeur, avec examen histologique extemporané, puis l’ablation du sein dès le diagnostic confirmé, épargnera aux patientes l’inconvénient d’une double opération.
Avant une biopsie, passez soigneusement en revue avec votre médecin tous les cas de figure afin de prendre une décision sur l’éventuelle nécessité d’opérer une lésion du sein. N’hésitez pas à prendre un deuxième avis si vous avez un doute sur le traitement proposé, ou que vous souhaitez confirmer le premier avis. Vérifiez que le chirurgien qui va effectuer la biopsie est spécialiste des cancers du sein, et qu’il sera à même de prendre en charge ce cancer.

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